Frank Carter & (presque) the Rattlesnakes – La Poudrière (02-07-18)
04/07/2018

En warm up des Eurockéennes, La Poudrière de Belfort a programmé lundi 02/07 une date un peu particulière et pleine de promesses : Frank Carter & the Rattlesnakes ! Dans une si petite salle (235 places), le rendez-vous avait de quoi étonner tant on est plutôt habitué à voir ce monstre d’énergie écumer les festivals à la hauteur de sa réputation d’ouragan scénique. À Belfort, on se souvient encore – non sans émotion – des feux de l’enfer qu’il avait su déclencher par un circle pit qui aura marqué au fer blanc l’édition 2016 de nos Eurocks.

Mais, ce lundi soir, autre ambiance. Un membre des Rattlesnakes manque à l’appel. Catastrophe ! Gareth, le batteur, s’est blessé au bras et ne peut assurer le show. L’annonce de la mauvaise nouvelle dans l’après-midi par la salle de spectacle émeut le plus grand nombre. Déception, doute ambiant et même solidarité, puisque l’on voit quelques batteurs belfortains se porter volontaires pour assurer au pied-levé le remplacement. Pourtant, Frank Carter et Dean Richardson l’entendent différemment et décident de monter sur scène – à deux – pour une version acoustique ! À ce stade, chacun pense tout haut « on demande à voir… ».

Et arrivent 20h30. Deux chaises posées sur la scène…

En attendant les deux compères, les premiers rangs s’interrogent : comment vont-ils faire pour palier à ce qui caractérise leurs concerts, une énergie de dingue ?! Ce matin, on peut vous répondre unanimement : « avec du talent ma bonne dame ! » Dès le premier morceau, on est conquis. Quelle est belle cette salle et combien elle offre le cadre idéal pour ce genre d’exercices périlleux guitare-voix. Le danger, Frank, il ne l’a pas senti… c’est d’un naturel confondant qu’il s’est saisi de l’enjeu et a embarqué avec lui jusqu’à une bonne partie des plus sceptiques. En même temps comment résister à un live aussi bien emmené ? Tous ont pris alors conscience de la rareté du moment. Hier soir, c’était un concert improvisé,  intimiste, spécial, unique et nous… nous étions des privilégiés ! On gardera longtemps en mémoire les voix du public s’élever et donner écho à Frank qui nous chante «  I hate you » , des mots qui résonnent pourtant comme une belle déclaration d’amour. Fin de concert, on devrait n’avoir plus rien à dire. Sauf qu’il manque encore à ce report un mot précieux : générosité. Car il faut être généreux (et patient) pour accueillir sur scène son public et prendre avec chacun une photo souvenir bien collante car il faisait vraiment très chaud dans cette Poudrière. Un grand bonhomme ce Frank Carter !

Photo collante et luisante de fans énamourés sur la scène de la Poudrière.

Texte et photos : Sandrine Torterotot