H.F. Thiéfaine par Sacha Radosavljevic - La Poudrière Belfort - Juillet 2017
H.F. Thiéfaine, La Poudrière de Belfort – 04/07/17
06/07/2017

 

La venue d’Hubert Félix Thiéfaine dans une salle aussi intimiste que la Poudrière de Belfort est un événement en soi. Les fans ne s’y sont pas trompés et ont pris d’assaut la billetterie ouverte pourtant sur deux soirs. Soyons honnêtes, Thiéfaine en version club, ça ne se refuse pas ! Salle comble donc et ambiance surchauffée au propre comme au figuré.  Aux premiers rangs, les aficionados, les vieux de la vieille comme on dit en Comté, brûlent d’impatience… à l’arrière, c’est le matériel qui surchauffe ; on cherche des ventilos pour soulager la console.

Premières notes d’une intro planante à l’ancienne et enfin, Thiéfaine est sur scène. Accompagné aux guitares par Luca, son fils et surtout par l’excellent Alice Botté, mais aussi de Christopher Board (claviers), Bruce Cherbit (batterie) et Marc Perier (basse), le sculpteur de mots nous offre une balade dans les méandres du VIXI TOUR XVII. La setlist inclut des titres des albums récents mais aussi, pour le plus grand bonheur de tous,  une belle brochette d’œuvres intemporelles.  Inutile de décrire l’émoi que provoquent immanquablement dans le public, les premiers accords d’un Aligator 427, d’une Fille au coupeur de joint, ou d’une Ruelle des morts. On aura entendu aussi, un Thiéfaine désabusé, parlé de notre époque et pourfendre la salle d’un redoutable et si juste Médiocratie. Il nous aura offert également des moments en suspens, de ceux qui se prêtent à l’émotion pure. Alors, on retiendra le silence saisissant du public à l’écoute de Karaganda (camp 99) ou à l’inverse son murmure lorsqu’il chantonne timidement Je t’en remets au vent, comme pour ne pas déranger un souvenir de jeunesse.

Thiéfaine clôture comme il nous laisse, vibrants, secoués, abandonnés-heureux avec les Dingues et les paumés. Un seul bémol, l’énergie très métal des guitares omniprésentes car, si elle sied à merveille aux titres plus récents, elle dessert à l’inverse les anciens morceaux qui réclament un accompagnement plus épuré. Mais Thiéfaine n’a pas encore dit son dernier mot et proposera, vendredi 7 juillet, sur la grande scène des Eurockéennes, une version symphonique (en compagnie de l’orchestre Victor-Hugo de Franche-Comté) de ses grands classiques  ainsi que des morceaux de son dernier album studio Stratégie de l’inespoir. Rendez-vous est donné !

© Sacha Radosavljevic

Report: Sandrine Torterotot
Crédit photos: Sacha Radosavljevic