Live Report d’une soirée sous GeNeRiQ
28/02/2016

Bien loin d’être un ersatz de festival, GéNéRiQ distille la musique sous toutes ses formes et prouve une fois encore son efficacité. A Belfort, le vaccin contre l’hiver, c’est GéNéRiQ.

Ce vendredi soir, la première dose nous a été administrée au garage Otonet. Seconde saison pour ce lieu atypique qui avait accueilli l’an dernier le jeune Dan Owen. En 2016, la version concert de garage a pris un peu plus de bouteille: Bloodshot Bill est à mille lieues du jeune premier. Le cheveu généreusement gominé, la veste à carreaux débraillée, il déambule au milieu du public avec l’air déterminé du vieux loup qui attend son heure. Ce genre de personnage dont on sait par avance qu’il fera le job, sans renfort d’artifices. Quelques minutes plus tard, on le retrouve posé près d’une vieille caisse… Raccort avec le décor, le one man band joue percussions et guitare avec dextérité et libère sa voix rocailleuse, comme un énième instrument. Bloodshot Bill chante, grogne, crache et livre un set plein d’animalité. Une version sauvage d’un rockabilly décomplexé.

Découvrez un titre en vidéo du concert

GéNéRiQ, c’est aussi la déambulation. Au coeur de l’hiver, on passe d’un lieu et d’un style à l’autre. Direction, cette fois-ci, pour La Poudrière. Frank Carter & the Rattlesnakes ont annulé leur venue. On le sait depuis plusieurs jours, la douche froide a eu le temps de passer et on garde notre motivation intacte.

Seconde prescription: The Videos.
Rien à redire tout était conforme à l’énoncé : son nerveux bien 90’s pour headbanguer avec ta planche à roulettes. Une basse bien grasse, des titres courts, directs, bien fat’, qui ne s’embarrassent pas de fioritures. « C’est par où ? C’est tout droit »

Et pourtant… je suis passée à côté.

The Videos

Dernière performance, l’indie pop brûlante de Black Honey.

Le groupe originaire de Brighton est mené par Izzy Baxter, petit brin de femme énergique qui assume son girl power grâce à sa guitare customisée… A cela s’ajoutent des faux airs de Lana Del Rey à laquelle elle est souvent comparée et qui viendraient presque perturbée l’écoute. Charmeuse et dotée d’un beau timbre de voix, elle ravit d’autant plus qu’elle est brillamment soutenue par ses 3 acolytes. Le public est d’emblée conquis par la présence indéniable de la jeune rockeuse et par les envolées rétros de Spinning Wheel, titre d’ouverture, dont on a reconnu la référence évidente à l’univers de Tarantino et tout particulièrement au célébrissime riff de Pulp Fiction. On reparlera certainement de Black Honey, peut-être même les verra-t-on programmés dans de plus grands festivals… mais, j’aurai définitivement préféré à Izzy Baxter une autre égérie du genre -le mystère en plus- vue à GéNéRiQ 2013, Findlay et que l’on retrouvait quelques mois plus tard aux Eurockéennes. Souhaitons-lui le même parcours.

Black Honey