Moriarty – Belfort, la Poudrière, le 02 décembre 2014
02/12/2014

L’évènement attendu de ce trimestre musical à Belfort était, sans conteste, le retour sur scène de Moriarty. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, la Poudrière affichant complet depuis déjà plusieurs jours.

Et si la date est d’importance, c’est avant tout parce que le groupe a choisi cette salle pour débuter sa tournée d’une trentaine de concerts (en France, Allemagne, Suisse) et jouer ainsi, pour la première fois, certains titres de son nouvel album:  Epitaph

J’avouerai que, pour ma part, l’attente était grande…

J’aime Moriarty pour sa référence (son nom emprunté à l’un des personnages clés du roman Sur la route de Jack Kerouac), pour son audace (on percute la contrebasse, on chahute les maracas et on se sert aussi d’un tournevis comme archet improvisé de guitare) et surtout pour son collectif… une bande de six artistes visiblement heureux d’être là et de donner beaucoup.

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A la Poudrière, le résultat en aura été un vrai beau moment de musique: des minutes accrochées entre modernité rock, country rustique et folk introspectif. Et l’on comprend un peu plus, à chaque morceau, combien Moriarty est proche de Kerouac: toujours en chemin, en errance entre différents courants et finalement créateur d’un style qui lui est propre. Quant à la voix de Rosemary Standley, elle est à son image: classieuse et intemporelle.

Si sur la route de Moriarty on devait imaginer un phare rassurant, ce serait sans doute cette présence féminine.

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Il n’y a, en effet, qu’une Rosemary pour faire passer les lourds sujets de ce quatrième album comme une lettre à la poste.

Décrire Rosemary, ce serait un peu comme mêler le feu à la glace, tend la chaleur de sa voix contraste avec une distance qui lui est toute naturelle. Un savant mélange grâce auquel elle peut nous chanter en douceur des vies brisées (Milena ou How Many Tides – inspiré des premières lignes d’un journal intime: celui du plus jeune condamné à mort des Etats-unis, Sean Sellers). Rosemary, fait ainsi danser les fantômes, élève des ponts avec l’au-delà et se joue du diable (Long Live The Devil).

A l’issue du concert, on est indéniablement touché en plein coeur mais cependant joyeux d’avoir pu appréhender toute la malice de Moriarty, un groupe sombre et moqueur qui en appelant ce nouvel opus Epitaph, choisit en quelque sorte de se payer la Mort et de nous en faire les témoins.

Kerouac aurait aimé, c’est sûr!

Texte et photos: Sandrine Fallacara

Playlist 02/12/14  Moriarty, Pourdrière-Belfort
Buffalo Skinners
When I Ride
History Of Violence
Private Lili
Milena
Little Sadie
Long Live The Devil
How Many Tides
Ramblin’Man
G.I.Jesus
Moonshiner
Reverse
Diamonds Never Die
Ginger Joe
Fire Fire
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Across From My Windows
Jimmy
Isabella