Une soirée sous GéNéRiQ: concentré de musiques actif!
15/02/2015

Dans la froideur et la morosité hivernale, il nous fallait bien ça: une bonne et grosse dose de GéNéRiQ, petit festival concentré sur 4 jours mais aux effets identiques aux plus grands.
Que vient-on chercher à GéNéRiQ sinon musique, partage et chaleur humaine dans des lieux insolites où l’on se retrouve avec plaisir?
Pour cette 8ème édition, ma soirée test du vendredi aura été une étonnante balade belfortaine entre rock et rock-surf, pop et blues. Bref, conforme à la notice: GéNéRiQ, un concentré de musiques actif!
Premier rendez-vous: 19H – Dan Owen au garage Otonet de Belfort

J’avais retenu de cette étape  » un garage près du Pont Michelet qui bichonne les jolies caisses, les vieux bicycles et autres cyclomoteurs  » et un artiste  » blues minimaliste, guitare-voix « .
Je trouve le garage, je me gare et je fonce – à la bourre, comme d’hab -!
L’endroit est trop calme, désert, mort. Branle-bas de combat, ce n’est pas le bon garage! Retour en voiture, direction l’autre côté du pont Michelet… Je pense:  » normal, je ne mets jamais les pieds dans un garage auto. Rien à redire, il est fortiche ce GéNéRiQ pour m’entrainer là où je ne vais jamais  » … Belle illustration du principe même du festival!
Arrivée chez Otonet et premier visage: celui de Guy, propriétaire du lieu visiblement ravi de l’aventure à venir. Plus d’une centaine de personnes sont là; certaines connaissent l’endroit, d’autres -comme moi- découvrent un lieu atypique, vintage, classieux avec ses belles mécaniques et son impressionnante charpente de métal. Des fois, ça vaut le coup de lever les yeux au ciel!
Mais où est Dan Owen?
Quelqu’un accroupi, de dos, accorde une guitare.
Surprise, le type est un gamin – 22 ans, me dit-on. L’air juvénile, en aurait-il la chanson?

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J’aurais pu me mettre une claque en me plantant de garage mais, au final, Dan Owen s’en est royalement chargé. C’est juste incroyable d’entendre une voix de vieux bluesman sortir d’un si jeune talent. Dan Owen à un truc vraiment à part: artiste anglais, tout en retenu et policé. Mais dès qu’il ouvre la bouche, on ne peut avoir pour horizon que les grandes plaines américaines. Ce gars-là a une rythmique parfaite et du gravier dans la voix… c’est un peu comme s’il avait la Route66 au fond du gosier. Belle surprise pour moi et bonne virade belfortaine pour lui, puisque c’est chez nous qu’on lui apprendra la nouvelle: Dan Owen est maintenant signé par un bon label.
Mérité!

20H30: La Poudrière

GéNéRiQ c’est aussi l’art de décliner les plaisirs. Ici,ce sont trois jeunes formations qui nous aurons fait  découvrir  » 50 nuances de rock « : La chaleur du rock surf espagnol de The Parrots, la mise en apesanteur par les lorrains de Grand Blanc et le trip sueur-nerveuse de Bagarre.
Laëtitia Shériff, c’est autre chose.

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Elle est un peu notre emblème du rock indépendant au féminin. Au dehors comme sur Scène, Laëtitia dégage une aura particulière: très terrienne, posée, ancrée dans la sincérité. Elle est heureuse d’être à Belfort, elle le dit et se rappelle visiblement avec beaucoup de bonheur sa dernière visite à la Poudrière. C’était en 2002. Elle ne parle pas d’elle, mais de l’artiste dont elle faisait alors la première partie: Dominique A.  » Il me tarde d’avoir son dernier album entre les mains! « , confie-t-elle.
Quelques mots encore et elle file sur scène pour livrer un set sombre et scintillant, à l’image de son dernier album Pandemodium, Solace And Stars. Elle nous a transcendé.
Laëtitia Shériff est, de manière évidente,  l’une des plus brillantes étoiles de ce GéNéRiQ!

Textes et photos: Sandrine Fallacara