Eurockéennes/Day 1
02/07/2016

En préambule et pour vous expliquer le mouvement qui va visiblement m’animer pour ces Eurockéennes 2016, il me faut poser une vérité qui me fait peine: il est de plus en plus difficile d’obtenir des interviews pour les webzines. Pourtant, nous sommes de moins en moins nombreux. Ecrire, photographier, se lever de bonne heure les matins de festivals pour visionner des centaines d’images, faire face à la page blanche … le tout la tête dans le brouillard, ça ne vend pas du rêve et ça tient même plutôt du sacerdoce. Je digresse mais pas tant que ça. L’idée, c’est de faire comprendre qu’un webzine et bien… ça bataille! Et parfois, ça met des coups d’épée dans l’eau. Dur, donc, pour avoir ces interviews espérées. Le comment du pourquoi, peu m’importe, le fait est là. Pour autant, je ne renonce pas. Ça m’impose juste de trouver une nouvelle forme de report « plus dynamique « .
Ce matin, après 4 bonnes heures de sommeil, comme souvent les matins, je me suis levée musique en tête. Depuis, j’ai un vieux truc commercial de Noir Désir qui tourne en boucle… c’est agaçant mais, au travers de quelques mots de Cantat, il m’est venu cette idée: « on en pose un et qu’est-ce qu’on en retient? »
Alors, Eurockéennes, je te pose le Day1 et voyons ce qu’on en retient!

19h30, Bagarre rentre dans le lard des Eurockéennes de Belfort.

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Bagarre

Une invective new wave rafraichissante qui m’aura fait plaisir. Un peu comme Grand Blanc (leurs potes signés également sous le label Enterprise) , ils posent version 2016, des relents à la Joy Division montée sur des beats technos, des synthé cold et des textes scandés. T’aime ou t’aime pas, dans tous les cas, impossible de rester indifférent face à ce concert au  parti-pris évident et conforme au sentiment laissés par le dernier EP du groupe « Musique de club », un 5 titres en forme de bataille rangée. Choix de programmation pertinent pour une ouverture de festival. Bagarre n’en est d’ailleurs pas à sa première visite à Belfort… rappelez-vous ils étaient déjà de passage pour le festival GéNéRiQ 2015. On continuera à les suivre…

21H, La plage, elle a pas dit bonjour…

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Vald

…Et Vald,lui a niqué sa mère. Sérieusement, et même si je n’y entends que peu de chose en matière de Hip Hop, quand tu as quelqu’un d’entier sur scène, il n’y pas de mystère d’une manière ou d’une autre, il parvient à embarquer l’ignorant que tu es. C’est un peu le sentiment que j’ai eu avec Vald, passagère surprise d’un navire qui n’était pas forcément le mien. Peu encline à sauter le pas lors de son dernier passage à Belfort (Le Moloco, en avril), il aura fallu l’ambiance d’un festival pour que j’adhère à ces textes que je ne peux entendre qu’au second degré. De ce 1er jour, Vald tient le haut du pavé. N’en déplaise à la tête d’affiche que j’ai rebaptisé les « INSUS-portables » pour l’occasion, mais c’est un autre sujet.

00H, Nathaniel Rateliff & the night sweats

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Nathaniel Rateliff & the night sweats

La petite fraicheur nocturne s’installe doucement sur le Malsaucy, le bon timing pour réchauffer l’atmosphère. Exactement ce qu’ a su faire Nathaniel Rateliff. Annoncé comme le coup de coeur à ne pas manquer de ce vendredi, Nathaniel a su transmettre son énergie a une large partie du public… Pourtant le nouvel enthousiasme pour le courant soul retro ne justifie pas tout, même si le fait d’être signé sous le très réputé label Stax Records apporte une légitimité indéniable. Non ce qui aura fait la différence, c’est l’authenticité de ce gars du Missouri et de ses comparses, tous animé par la même nécessité de transmettre la chaleur  d’une musique que les spécialistes définissent comme soul et retro… je préfère vivante et instinctive, celle qui remue l’âme et le reste.

 

Sandrine Fallacara-Torterotot