Olivier Mellano
24/03/2013

UNE FEMME UN TEXTE à la main. À ses côtés un guitariste. Elle nous parle d’un papillon ; de l’instrument s’échappent les battements d’ailes… Et la magie opère : les images virevoltent et assaillent le spectateur, emporté malgré lui dans ce voyage inattendu. Voilà toute la pureté du concert atypique proposé par la Poudrière en collaboration avec la scène nationale du Granit. Olivier Mellano, musicien de renom (collaborations avec Yann Tiersen, Dominique A, Miossec et Psykick Lyrikah) porte aujourd’hui un projet plus personnel : faire entendre de la musique en toute chose. Il lui fallait pour cela un support. En 2008, il se lance dans l’écriture de son premier ouvrage, « La funghimiracolette ». Ce livre est un recueil de pièces musicales, de tentatives de créations sonores mentales où le son ne sera pas une mise en mouvement de l’air par des vibrations, mais se voudra convoqué par les mots dans l’imaginaire du lecteur. En accompagnant son texte à la guitare électrique, on pourrait croire qu’il brise la charte implicite de la lecture en silence. A contrario, la démarche d’Olivier Mellano s’impose et l’on comprend que du silence naît la musique, les mots comme les notes n’étant que des vecteurs. Il nous donne à entendre un spectacle éphémère dont l’enjeu, pour lui, est l’improvisation : « Avant de monter sur scène, je n’ai aucune idée de ce que je vais produire. Je me mets au service de l’instrument et je me laisse emporter par les mots. Improviser, avoir pour point de départ le silence, c’est l’unique moyen dont je dispose pour rester frais et crédible ». Un concert d’Olivier Mellano s’appréhende émotionnellement, comme il en est de la poésie : il résonne dans l’esprit accueillant qui oublie les mots, se laisse visiter par les sons et habite ces mondes fantastiques.

 

Sandrine Fallacara