Le phénomène Breton
06/03/2013

Débarqué l’an dernier avec leur single « Edward the confessor », Breton a fait l’effet d’une bombe dans le milieu de la musique. Quatrième du classement Ferarock (fédération des radios associatives rock) avec leur album « Other people’s problems », c’est la fleur au fusil que le groupe a pris d’assaut la Poudrière de Belfort. Face à lui, une salle comble, flattée d’entendre et de voir le phénomène explosif du moment.

Entendre et voir car avant d’être un groupe de rock, Breton est un collectif multimédia qui accorde autant d’importance au son qu’à l’image. C’est d’ailleurs en créant leurs propres musiques pour accompagner la projection de leurs courts-métrages que l’aventure des cinq Londoniens a débuté. Avec un nom faisant référence au poète André Breton, la bande de Roman Rappak est passionnée par le surréalisme : on retrouve ainsi sur ce premier album, tout un collage d’ingrédients divers (rythmiques hip-hop, dubstep, montées electro, infrabasses, mélodies angulaires) qui finit par constituer un ensemble étonnamment cohérent et moderne.

Roman Rappak, dans un français parfait, explique généreusement la démarche artistique du groupe : « On nous prête souvent une filiation avec les mythiques Pink Floyd ou, plus proche de nous, Radiohead. Musicalement, je crois que c’est une comparaison hasardeuse. Et réécrire ce qui l’a déjà été magnifiquement, c’est prendre le risque de faire des fautes ». Tout au plus, Roman reconnaît humblement être comme ses aînés, « sans cesse en quête d’expériences ». Il développe : « Le sentiment commun des artistes, c’est le manque. Un manque que seul l’art peut combler. Créer un morceau, pour nous, c’est tenter, éprouver et demeurer dans l’envie comme André Breton qui toute sa vie à chercher quelque chose qu’il ne pouvait nommer ».

Sandrine Fallacara