Sallie Ford ( & The Sound Outside)
06/03/2013

Sallie Ford est une rock’n’rolleuse à l’ancienne, un tumulte musical à elle seule. C’est avant sa montée sur la scène de la Poudrière à Belfort, lors du festival GéNéRiQ, qu’elle m’ a livré les secrets de son irrévérencieux talent. Rencontre.

– Sallie, vous êtes violoniste et donc issue d’une formation classique. Comment en êtes-vous arrivé à intituler votre premier album « Dirty radio » (radio crado) ?

– Effectivement, j’ai attaqué la musique toute jeune et par son versant le plus ardu. Ado, j’ai ressenti un besoin de quelque chose de plus sauvage. Je me suis frottée à différentes formes artistiques : la photo, la réalisation de film puis, finalement, je me suis teint les cheveux en rouge et je suis devenue punk !

– Vous êtes une vraie rebelle dans l’âme ?

– Une chose est certaine, je ne suis pas une personne en colère. Mon éducation n’a pas été stricte. On me poussait à m’exprimer librement. Si mes chansons transpirent une certaine forme de rébellion, celle-ci est dirigée contre le mode de vie ennuyeux de l’Amérique traditionaliste.

– D’ici, cette Amérique-là est synonyme de censure. Vous en avez déjà fait les frais ?

– Oui, un de mes titres est systématiquement censuré lors de son passage radio. Chez nous, les artistes engagés peine à s’exprimer librement. Mais à Portland (Oregon), il y a une scène musicale indépendante bien décidée à faire front ! Les groupes américains sont bons parce qu’ils ont quelque chose à critiquer. Les travers de notre pays nous donnent beaucoup de grain à moudre.

– Transmusicales de Rennes, Eurockéennes… vous êtes souvent en France. Vous vous y sentez comment ?

– Incontestablement, c’est dans votre pays que ça marche le mieux pour moi. Un aspect me plaît beaucoup : le public français est très attentif. Les Américains dansent et les Français écoutent. C’est un public tout en retenue. Ce contraste est très intéressant à vivre.

– L’avenir, Sallie, c’est déjà un deuxième album ?

– La sortie de « Untamed Beast » est prévue pour février 2013. Il sera plutôt autobiographique. J’y parle de mon goût pour le féminisme. Rien de revendicatif, c’est plutôt une réflexion globale sur la place de la femme dans le milieu du rock.

Un statut que Sallie Ford assume avec beaucoup de classe à l’instar de ses grandes sœurs Joan Jett, PJ Harvey et Bessie Smith.

 

Sandrine Fallacara