Théodore, Paul et Gabriel
24/03/2013

Face à moi, Théodora Delilez, Pauline Thomson et Clémence Gabriel, trois jeunes femmes pleines de fraîcheur, un peu joueuses, mais surtout très enclines à brouiller les pistes. « On aime l’effet de surprise », annonce Clémence. Et, en effet, leurs noms de scènes masculins sont vite mis à mal par les caractères bien trempés et ultra-féminins des jeunes artistes. Ces filles-là sont des guerrières, des brins d’Amazones.

Au travers de leur musique, elles sortent des carcans, se réinventent et revendiquent : « nous ne sommes pas un girls band ! » Libérées des apparences, elles livrent un live d’une grande générosité : la voix blues et profonde de Gabriel entraîne le public dans son monde assurément rétro. Leurs ballades, qui oscillent entre pop, rock et folk, sont teintées d’ambiances « old school ». On y retrouve (excusez du peu) les influences de Neil Young, Bob Dylan, Patti Smith ou autres Beatles.

Leur premier album « Please her, please him » déroule treize chansons au sens mélodique savant, aux harmonies soignées. Et là, encore, elles étonnent par leur répartie : « certains voient dans le titre de cet album un jeu du masculin-féminin auquel on tente de nous restreindre trop facilement », ponctue Clémence. « Il n’en est rien. « Please her, Please him » c’est un clin d’œil à Bob Dylan, des mots issus de sa chanson « Subterranean Homesick Blues » ! »

Théodore, Paul et Gabriel, c’est de l’irrévérence raisonnée. Un savant mélange qui leur permet d’aller au bout de leurs envies : « ce qui importe, c’est le chemin que nous faisons ensemble. Nos ambitions sont l’honnêteté et le partage avec notre public. Tout le reste, on s’en moque, c’est de l’éparpillage », conclut Clémence. Une liberté de ton assumée par ces rebelles en passe de devenir les Janis Joplin de leur génération.

 

Sandrine Fallacara